Question-Réponse n° 2

Pouvez-vous statuer sur les témoins des mariages ?

Question d’une sœur chezdeenaute de Villepinte (93) : “Je souhaite que vous apportiez sur notre site, un éclairage sur les gens qu’on choisit comme témoins dans nos cérémonies de mariage (Nikaah). J’ai assisté, comme tout le monde, à de nombreuses cérémonies de mariage au sein de notre communauté mauricienne et je suis à la longue, indignée du choix des familles organisatrices, qui portent sur des témoins visiblement pas ‘deendaarr’ et sur le seul critère de lien familial avec les époux. Je suis révoltée de voir des témoins mis en costard-cravate pour l’occasion et on se demande même s’ils ont leur ‘wazou’ pour la cérémonie. Bref, pouvez-vous statuer, pour l’information de tous ?”

Réponse : Quel merveilleux questionnement, car vous ‘criez’ là, haut et fort sur un point que de nombreux d’entre nous pensent tout bas. En effet, le deen recommande de choisir les 2 témoins contractuels de la cérémonie-de-mariage sur les critères suivants :

-      Les gens pieux [muttaqi], au sein d’une congrégation

-      Les gens de proche-parenté, avec signe de piété

-      Les gens connaissant depuis longtemps les époux, avec signe de piété

En somme, ces recommandations convergent tous vers un point important dans le choix des témoins : La Piété. Car, il faut prendre les plus nobles de la société pour être les témoins lors d’une cérémonie de mariage (an-Nikaah). Et les plus nobles parmi nous, sont les pieux, comme Allah ta’ala nous indique en ces termes : Ô humains ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand- Connaisseur [sourah 49, verset 13]

Votre indignation est donc légitime car le plus important lors d’une cérémonie d’un mariage demeure : Les bénédictions d’Allah ta’ala ! Vous avez aussi raison sur la présentation (vestimentaire et ‘twahârat [ghusal/wazu]) des prétendants pour la cérémonie, puisque les gens oublient trop souvent qu’elle demeure avant tout un ‘ibâdat (acte de prière) à part entière.

Hélas, de nos jours, lors de telles cérémonies, les gens ont tendance à privilégier la présentation (pour faire joli) et un certain protocolaire dûment inventé, négligeant du coup, le côté ‘ibâdat et d’imploration, perdant ainsi tout bénéfice spirituel lié à la cérémonie. C’est pour cela, que certains Imâms officiant, à un moment donné de l’office, prennent toute l’assemblée en témoin.

Parallèlement, en absence du Père de la fille, qui lui est légitime pour être le Walî [wakîl] du mariage pour ‘donner’ la main de sa fille, le choix d’un Wakîl (tuteur) comporte la même caractéristique de piété, donc d’une personne pieuse au sein du jama’at (congrégation) et/ou de la famille de la mariée pour remplir ces fonctions.

Nous profitons du présent questionnement sur le sujet pour préciser aussi, qu’il n’y a pas que pour être témoins de mariage qu’il faut choisir les gens sur ce critère de la piété, mais aussi pour ‘donner’ le Âzaan & Iqâmat dans les oreilles d’un nouveau-né par exemple. Le père de l’enfant s’empresse souvent pour l’effectuer, alors que les sages (‘ulamâ) stipulent que celui qui n’est pas “namâzi” (régulier en namâz) doit céder cet acte à plus “noble” que lui par rapport au deen. La noblesse dans le 'deen' s'affaire à la Piété !

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