Un bref aperçu de la vie bénie de Sayyidinâ Ghawth-é-‘Âzam Pîrân-é-Pîr Dastagîrr Hazrat Abu Muhammad Muhyin-ud-Dîn ‘Abdul Qâdir Jîlânî Baghdâdi [r.a.]

Hazrat Ghawth-é-paak [r.a.] est d’abord doublement de la descendance des “Ahl-é-baÿt” (descendants du saint Prophète ) du fait qu’il est “Hasani” du côté de son père et “Hussaÿni” du côté de sa mère. Il est considéré comme le chef de tous les awliya-Allah (amis-d’Allah) par les titres dits ‘Sayyid-ul-Awliyaa’ / ‘Sardaar-é-Awliyaa’. Un jour, sur le mimbar (chair), il prononça une parole en ces termes : « Mes pieds reposent sur les épaules de tous les autres Awliyaa-Allah ! ».

Hazrat Ghawth-é-pâk [r.a] prit naissance le 1er du mois de Ramadwaan de l’an 470-Hijri dans le district de Jîlân en pays Perse (aujourd’hui l’Iran). Sa naissance était même prévue par les grands ‘Ulamas (érudits) et Swâlihîns (gens-de-bien, donc les amis-d’Allah), comme durant le premier siècle islamique par Hazrat Hasan Askârî [r.a.] et durant le troisième siècle islamique par Hazrat Junaÿd Baghdâdî [r.a].

Ses parents (son père, Hazrat Abu Swalîh Jangi Dost [r.a.] & sa mère Hazrat Fâtimah Ummul-khaÿr [r.a.]), des gens pieux dans la lignée des Ahlé-baÿt, avaient eu plusieurs signes de sa venue imminente dans ce quatrième siècle islamique et savaient déjà que l’enfant qui va naître sera le plus grand Wali-Allah (Ami-d’Allah) du peuple (ummat) du saint Prophète Hazrat Muhammad  et décidèrent de le prénommer “Abdul-Qâdirr”, qui signifie le “Serviteur du Tout-puissant”.

Donc, d’emblée il fut né en état de ‘Waliy’. Déjà étant bébé, les grands ulémas (savants) de son époque qui savaient qu’il avait pris naissance, venaient le voir auprès de la maisonnée de ses parents, et entre autres ça tombait lors de la période du doute concernant le début éventuel du mois béni de Ramadwân, pour voir si le bébé Abdul-Qaadirr [r.a.] buvait le lait avec sa mère et ainsi, s’il refusait de boire le lait, ils savaient donc que le mois de Ramzaan avait déjà débuté… même étant bébé, il observait le roza (jeûne) durant les journées du Ramadwaan !

À l’âge d’aller au Madrassah pour apprendre la lecture du Quraan-sharîf (le saint-Coran), il dit au ustâd (professeur) qu’il connaissait déjà 17 sipâras (juzz) par cœur et il lui fallait maintenant apprendre la suite… et lorsqu’on lui demanda la raison de ce miracle, il répondit que lors de la grossesse de sa mère, elle récitait le Quraan-sharîf et était arrivée jusqu’au 17ème sipâra et puisque lui il était dans son ventre, il mémorisa les 17 sipâras !

Dans sa toute jeunesse, ses parents préparaient le brillant élève qu’il était pour aller au loin, à Baghdâd pour des études plus poussées de deen. Il se devait alors de faire le voyage seul en diligence. Ses parents avaient tout préparé pour leurs fils déjà bien éduqué et sa mère avait caché son argent destiné à ses études (des pièces d’or) dans sa ceinture cousue. Les conseils de ses parents, surtout sa mère, à son égard se résumaient à « Ne jamais mentir et toujours dire la vérité ».

Durant le voyage, la diligence fut attaquée par des voleurs bandits de grands chemins, qui avaient fouillé tous les voyageurs et prirent tous les objets de valeurs et lorsqu’on lui demanda s’il avait de l’argent sur lui, il répondit ‘oui’. Etonné le chef des bandits, qui n’avaient rien trouvé sur lui, le voyait sortir l’argent de sa cachette. Tout le monde était stupéfait de sa franchise et son attachement à dire la vérité et les bandits furent touchés par cela et regrettant leurs actes, rendirent tous les objets aux gens et se repentirent auprès d’Allah et adoptèrent une vie pieuse par la suite.

À chaque époque, un Ghawth”

L’appellation ‘Ghawth’ est donnée à la catégorie supérieure des Awliyâ-Allah et par-dessus tout, Ghawth-é-‘Aazam veut dire le Supérieur donc le Chef-de-tous-les-Ghawths !

Lorsqu’on questionna le grand érudit et Wali, A’la-Hazrat Ahmad Razâ Khan Bareïli [r.a.] à propos des Ghawths, il dit que : Ni la terre, ni le ciel ne peut tenir sans un Ghawth ! Et qu’à chaque époque, il faut un Ghawth. Et qu’un Ghawth peut voir de ses yeux, tous les secrets même hors état de méditation et de concentration.

Ghawth-é-Akbar”

Dans l’ordre des Ghawths, c’est le saint Prophète  [s.a.w.] qui est le Ghawth-é-Akbar, le plus Grand des Ghawths ! Ensuite, viennent dans l’ordre les 4 Califes, Hazrat Abu-Bakr [r.a.], Hazrat ‘Umar [r.a.], Hazrat ‘Uthmân  [r.a.] et Hazrat ‘Ali [r.a.]. Et aussi Hazrat Imâm-é-Hasan [r.a.] et Hazrat Hasan Askâri [r.a.] devinrent Ghawth. Après eux, ceux qui devinrent des Ghawths le furent en ‘Naïb-é-Ghawth’ (Ghawth de catégorie moindre) jusqu’à celui qui devint un Ghawth-é-Akbar en la personne de Ghawth-é-Paak [r.a.]. Et après lui, tous seront des ‘Naïb-é-Ghawth’ sauf l’Imâm-é-Mahdi qui sera un Ghawth-é-Akbar !

Le titre de “Muhayy-ud-deen”  (ou ‘Muh’yiddîn’)

Un des titres de Ghawth-é-Paak [r.a.] est ‘Muhayyuddîn’ qui signifie ‘Revivificateur de la religion’, en clair, celui qui a fait revivre l’Islam. Un ‘waqi’ah (évènement) y est attaché à cela : Un jour de Jummah (vendredi) lorsqu’il marchait vers Baghdâd, il vit un homme très faible, comme affaibli par la maladie. Cet homme salua Ghawth-é-paak en ces termes : « Assalaamu-‘alaÿkum Yâ ‘Abdul-Qâdirr » et Ghawth-é-Paak lui répondit donc son Salaam et en s’approchant de ce vieil homme, ce dernier se transforma tout à coup en quelqu’un de resplendissant, plein de vitalité ! Ghawth-é-Paak en fut très étonné et lui demanda la raison de cette transformation, et l’homme lui répondit donc : « Ne m’as-tu pas reconnu ? Je suis le ‘Deen’ d’Allah, la religion, donc l’Islam. J’étais arrivé tout affaibli à cette époque et c’est grâce à toi et à tes efforts pour la religion que j’ai repris de la vigueur et un nouveau souffle ! » Lorsque Ghawth-é-Paak arriva au Jâma-masjid pour accomplir le Jummah, une personne l’appela pour la première fois : « Yâ sayyidi Muh’yiddîn », alors qu’il alla diriger le Namâz-é-Jummah, de nombreux gens s’accouraient vers lui pour lui saluer avec ce titre là.

Tous les mauvais ‘Djinns’ ont peur de Ghawth-é-Paak !

Un jour durant l’année 537 Hijri, une personnalité au nom de Hazrat Abu Sa’îd ‘Abdullah Baghdâdî avait perdu sa fille prénommée Fâtimah qui disparut en montant sur un toit de maison. Il alla expliquer son problème à Ghawth-é-paak qui lui indiqua d’aller dans un endroit appelé ‘karakh’ sur la 5ème colline et d’y faire un cercle par terre en disant ‘Bismillaahir-Rahmaanir-Rahiim’. Et qu’ensuite plusieurs génies (djinns) viendront à lui mais il ne faut pas qu’il ait peur d’eux.

L’homme exécuta sur indications de Ghawth-é-Paak et des djinns vinrent à lui et lui demanda la cause et la raison de sa présence, il répondit qu’il était venu pour la cause de sa fille et sur ordre de Ghawth-é-Paak ! Aucun des djinns ne purent l’approcher ni pénétrer son cercle tracé, jusqu’à ce que leur roi se présenta à cheval accompagné d’une armée de djinns. Le chef des djinns, tout en restant en dehors du cercle, lui demanda les détails et apprit la disparition de la fille et les indications de Ghawth-é-Paak. Sur ce, il demanda à son armée : Qui était à l’origine de la disparition de la fille ? Personne de l’armée n’était responsable, alors un mauvais djinn venant de Chine se présenta et dit que c’était lui. Le roi lui dit que la fille était sous l’égide de Ghawth-é-Paak et lui demanda la raison de son acte, le mauvais djinn répondit qu’il était passionné de cette fille et qu’il l’a enlevé.

Le roi djinn sans hésitation tua le mauvais djinn et la fille fut rendue à son papa par crainte pour Ghawth-é-Paak ! Le père dit alors qu’il n’avait jamais vu quelqu’un obéir à Ghawth-é-Paak par peur la façon qu’a faite le roi djinn. Ce dernier répondit : « Ghawth-é-‘Aazam surveille tous les actions des mauvais djinns et les djinns ont peur de Ghawth-é-‘Aazam. Et lorsqu’Allah ta’ala décrète une personne comme son ‘Qutub’ (Chef vicaire wali-allah), il lui donne pouvoir de régner sur tous les djinns (génies) et les insâns (êtres humains) !

Le Chef de tous les Awliyas, Hazrat Ghawth-é-‘Aazam [r.a.] fut le plus grand ‘Aalim (érudit, savant) de son époque, considéré aussi comme réformateur (mujaddid) de son siècle, il a tenu des milliers de discours, écrivit de nombreux ouvrages en Islam, fit beaucoup de miracles (karâmats). Des gens venaient au loin prendre ses enseignements, qui étaient ceux hérités du saint Prophète Muhammad [s.a.w.]. Ghawth-é-Pâk [r.a.] se maria 4 fois et eut 49 enfants [selon les récits].

Le jour de son wafât (décès) étant au 11ème jour de Rabbi-’ul-Aakhir. Son ‘Urs est célébré ce jour-là. Et tous les mois, le 11ème jour est appelé “Igyârrwîn” [du chiffre 'gyârâ', 'onze' en urdu]. Les plus spirituels y tiennent cérémonie en l’honneur de Ghawth-é-Pâk ce jour-là.

Il se repose aujourd’hui à Baghdâd-sharîf et jusqu’au qiyâmat les gens continueront à bénéficier des enseignements de deen du Chef des awliyas. Autre aspect miraculeux : les sunnis à travers le monde célèbrent le ‘Urs de Ghawth-é-‘Âzam [r.a.] et offrent de la nourriture aux pauvres et nécessiteux ainsi qu’aux autres qui y assistent et donc de ce fait, des milliers de gens reçoivent (et continueront à recevoir jusqu’à la fin des temps) à manger au nom de Hazrat Abdul-Qâdir Jîlânî [r.a.] !

Le ‘Mazârr’ (mausolée) de Hazrat Ghawth-é-Pâk [r.a.] à Baghdâd-sharîf