Pour qu’une viande soit propre et licite à la consommation en islam, l’animal (qui doit figurer parmi les animaux autorisés) doit être immolé selon des règles islamiques précises. L’acte doit être exécuté de la manière la plus vite et correcte possible, l’animal doit souffrir le moins possible et un maximum de son sang (impropre à la consommation en islam) doit être éliminé.

Il y a plusieurs raisons pour un zab’ha : Celles qui sont liées à un ‘ibâdat telles que “Udw’hiya” (qurbâni) pour le ‘Eîd-ul-Adhâ ; “al-Hadyi” durant le Hajj ; ‘Aqîqah pour l’occasion d’une naissance d’un enfant ; Et celle non liée à un ‘ibâdat telle que “az-Zakâ” pour avoir de la viande pour la consommation régulière (boucherie). Mais quelque soit la raison, l’acte de l’égorgement (zabîhah) reste pratiquement le même, hormis qu’il y ait un du’â préconisé pour chaque occasion d’ibâdat (sauf pour le cas général de la Zakâ).

Selon un hadîth de Muslim-sharîf, Hazrat Shaddâd ibné Aws [r.a.] rapporte que la saint-prophète [s.a.w.] a dit : “Allah a prescrit la bienfaisance sur toute chose. Lorsque vous sacrifiez, faites-le de la meilleure façon. Aiguisez bien la lame et ménagez l’animal”.

Avant d’aborder la manière d’immoler un animal, citons les principaux masâïl (règles) :

La personne qui égorge doit être un musulman doué de raison (saint d’esprit), dans la mesure du possible religieux (dîndârr), consentante pour cet acte (voire habituée et expérimentée), en état de propreté corporelle (ayant le ghussal et wazou). L’acte est donc interdit aux personnes indésirables (fou, ivre ou enfant [non-pubère]).

Le couteau utilisé doit être très bien aiguisé. Son tranchant doit être irréprochable car c’est à son tranchant qu’on privilégie un instrument et pas à son poids ou sa taille de lame. Il est déconseillé d’utiliser un couteau mal aiguisé ou ayant défaut à la lame.

Lors de l’égorgement (passage de la lame), 3 éléments doivent être tranchés : l’œsophage (nécessaire), la trachée (nécessaire) et les veines jugulaires (recommandé) [les veines jugulaires sont au nombre de deux]. Si un des deux passages (œsophage et trachée) n’est pas complètement sectionné, le zab’ha sera incorrect (invalide). En revanche, si une des deux veines jugulaires n’est pas coupée (trois éléments sur quatre coupés), le zab’ha sera valide. En somme, idéalement, la lame très aiguisée doit rapidement et correctement sectionner les 4 éléments cités.

Au moment de l’égorgement (coupage), prononcer le nom d’Allah en ces termes : Bismillaah, Allaahu akbar (Au nom d’Allah, Allah est Grand). Aucune autre formule n’est autorisée au moment du coupage.

Il est déconseillé d’affuter le couteau en présence de l’animal. Comme il est déconseillé d’égorger un animal en présence d’un autre de ses semblables.

Il n’est pas recommandé d’attacher les pieds de l’animal, car après l’égorgement il doit pouvoir se débattre librement de manière à favoriser l’élimination d’un maximum de son sang et de mourir plus facilement. Sauf en cas de grosse bête (bovins) si on doit la maîtriser que de cette façon. Pour les ovins qui sont forts, au moins une des pattes doit être libre pour qu’il puisse se débattre.

Il est interdit de commencer à dépecer l’animal tant qu’il n’est pas mort. Attendre que la mort complète soit constatée, voir que le corps soit refroidi, pour pouvoir s’en disposer.

Faire preuve de bonté (ihsân) envers l’animal avant le zab’ha, bien le traiter, lui donner à manger et à boire. Ne pas agir avec brutalité dans les préparations.

Dans les contrées où il n’y aurait pas d’homme pour le zab’ha, une femme pieuse et consentante peut le faire.

Procédure :

Coucher l’animal sur son flanc gauche. Plus pratique pour un égorgeur droitier.

Placer le cou (bien disposé) en direction du Qiblah.

Lire le verset du saint Coran [sourate 6, verset 79] suivant :

Innii wajjahtu waj’hiya lillazii fatwaras-samaawaati wal ardwa haniifanw-wa maa anaa minal mushrikiin (comme le du’a qui précède le namâz), traduction : «Je tourne mon visage vers celui qui a créé les cieux et la terre. Je suis de croyance pure et non pas un idolâtre».

Le cas échéant, placer ici la lecture de la formule correspondante à l’ibâdat concerné (Qurbâni, ‘Aqîqah, Hadyi), sinon

Poursuivre avec les versets du saint Coran (sourate 6, versets 162-163) suivants :

Inna swalaatii wanusukii wamahyaaya wamamaatii lillaahi rabbil ‘aalamiin. La shriika lahu wa bizaalika umirtu wa anaa awwalul muslimiin et enchaîner avec Allaahumma minka wa laka. Bismillaah Allaahu akbarr. L’égorgement de l’animal se fait au moment de la lecture de «Bismillaah Allaahu akbar». Traduction : «Certainement mes prières (namâzs), mes sacrifices, ma vie et ma mort appartiennent à Allah Seigneur des mondes. À lui je n’associe personne, à lui mon obéissance et je suis le premier de ceux qui se soumettent» «Ô Allah, ce qui vient de toi est à toi. Au nom d’Allah, Allah est grand».

Veiller au bon déroulement de l’après-zab’ha : L’évacuation correcte du sang jusqu’au décès complet de l’animal.

Après que l’animal ait poussé son dernier souffle, lire ce du’a :

Allaahumma taqabbalhu minnaa kamaa taqabbalta min habiibika Muhammadinw-wa khaliilika Ibrahiima ‘alaïhimas-swalaatu was-salaam qui se traduit ainsi : « Ô Allah, accepte ceci de notre part, tout comme tu l’as accepté de la part de ton bien-aimé Muhammad  et ton ami Ibrâhîm, Paix soit sur eux deux ».

Ne commencer à dépecer l’animal qu’après la mort complète et que le corps soit refroidi.