La swalât (namâz) du Tarâwîh durant le Ramadwân

Taraawih

Comme Allah ta’ala nous l’a précisé, c’est dans le mois béni de Ramadwaan que le Quraan-sharîf (le saint Coran) a été révélé.

shahruramadwan

Shahru ramadwaanallazi unzila fiihil qur’aanu hudal-lin-naasi wa bayyinaatim-minal hudaa wal furqaan” – “(C’est dans) Le mois de Ramadwân que nous avons descendu le Coran, comme une guidée pour les gens (l’humanité), une venue de la bonne direction et un discernement [Soûrah 2, verset 185 partiel]

Les compagnons du saint Prophète [s.a.w.] ont témoigné que c’est durant ce grand mois sacré que le saint Prophète [s.a.w.]  lisait le plus de ce saint Coran.

Hazrat Ibné Mas’oud [r.a.] rapporte que le saint Prophète [s.a.w.]  a dit : « Pour chaque alphabet du saint Coran qu’une personne lit, il reçoit un (1) “néki” et un “néki” est égal à 10 “thawaabs”, je ne dis pas que alif-laam-mîm est un alphabet, mais alif est un alphabet, laam est un alphabet et mîm est un alphabet » [réf. Tirmîzî & Mishkât].

Durant le Ramadwaan, ce néki est doublé. D’après un hadîth, celui qui accomplit un sunnat ou nafil durant le Ramadwaan, c’est comme-ci il avait fait un namaaz faraz des autres mois et lorsqu’il accomplit un namaz faraz durant le Ramadwaan, c’est comme-ci il avait fait 70 (soixante-dix) namaz faraz des autres mois.

Le cœur du croyant obtient la sérénité (sukoûn) à travers la lecture et l’écoute du saint Coran. C’est un livre que, plus on le lit ou l’écoute, plus on a envie de lire ou écouter d’avantage. Contrairement aux livres mondains (dunyâ) que quand vous l’avez lu une fois, vous n’avez plus envie de le relire une deuxième fois. Tandis que le saint Coran, les paroles sacrées d’Allah, si vous le lisez une quantité infinie de fois, vous ne serez jamais rassasié.

Il nous arrive malheureusement de ne pas avoir suffisamment de temps dans nos journées à consacrer à la lecture du saint Coran, mais voyez plutôt comment Allah ta’ala envoit son “fazl-ô-karam” (faveur suprême) sur ses serviteurs, sur le peuple (ummah) du saint Prophète [s.a.w.]  durant ce grand mois béni. Car nous avons cependant la grande occasion de profiter du tilaawat (lecture) du Qur’aan shareef durant le namaz du Tarâwîh. Il est dit que celui qui écoute la lecture du Qur’aan obtient les mêmes thawaabs de celui qui le lit.

Hazrat Abu Huraÿrah [r.a.] rapporte que le saint Prophète [s.a.w.]  a dit : « Celui qui accomplit le namaz du Tarawîh avec sincérité et foi, obtiendra le pardon de ses péchés du passé » [réf. Muslim & Mishkât]

Le namâz qu’on accomplit durant le Ramadwaan après le namâz-é-Ishâ s’appelle le Tarâwîh. Dans les mosquées, il est fait en congrégation (jama’at). Le mot arabe “taraawiih” est le pluriel du mot “tarwîhâ” qui signifie “repos”. Car les swahâba-é-kirâms (compagnons du saint Prophète [s.a.w.] ) et les tâbé’îns (génération arrivant après les swahâbas) prenaient un petit repos (une petite pause) après chaque 4 raka’ats en faisant le Tarawîh.

Certains pensent que le Tarawîh est de 8 raka’ats, mais il ne l’est pas pour les raisons suivantes : si on n’accomplit que 8 raka’ats, il n’y aura qu’un seul (1) repos (pause) ou deux au maximum, dans ce cas dans la langue arabe, on aurait appelé cela “tarwîhatann” au lieu de tarawîh. Alors que dans le cas de 20 raka’ats, on obtient plusieurs repos (pauses) et donc il peut être appelé “tarawîh”.

Les swahâba-é-kirâms [r.a.] sont tous d’accord que le namâz-é-Tarâwîh doit comporter 20 raka’ats. Selon un hadîth rapporté par Hazrat ‘Abdullah Ibné ‘Abbass [r.a.], Nabi-é-karîm [s.a.w.]  accomplissait 20 raka’ats durant le mois de Ramadwaan. [réf. Tibrani & Baihiqî]. C’est donc un Sunnat-é-Mu’aqiddah.

À l’époque de Hazrat ‘Umar Fârouq , le 2ème calife de l’Islam, on accomplissait le namaz du Tarâwîh en 20 raka’ats en congrégation (jama’at) et ce principe était porté aussi à l’époque des 3ème et 4ème califes, Hazrat ‘Uthmân-é-Ghani [r.a.] et Hazrat ‘Alî [r.a.].

Nous citons ici les masâïl (règles) qui régissent le namaz-é-Tarâwîh :

– Le namaz Tarawîh est sunnat mu’aqiddah pour les hommes et les dames (selon le rite Hanafi). Ils (elles) ne doivent pas le négliger.

– Les hommes doivent l’accomplir en congrégation (jama’at) à la mosquée et les dames sans jama’at (de façon isolée) à la maison, selon le mazhab-é-Hanafi.

– Le Tarawîh se compose de 20 raka’ats en 10 salaams (2 par 2 raka’ats). Après chaque 4 raka’ats il est mustahab (recommandé) d’observer une petite pause (durant on lit les tasbîhât du Tarâwîh) qui peut durer jusqu’à autant de temps qu’on met à accomplir les 4 raka’ats.

– L’heure du Tarawîh débutent après le namaz-é-‘Ishâ, et dure jusqu’au subh’-sâdiq (l’aurore), mais il est préférable de l’accomplir avant minuit (c’est à dire avant le Tahajjud).

– Celui qui n’a pas fait le namâz faraz du ‘Ishâ, n’a pas le droit de faire ni le Tarawîh ni le Witr tant qu’il n’aura pas fait le faraz de ‘Ishâ.

– Durant le Ramadwân, il est préférable de faire le namâz-é-Witr en jama’at, après avoir accompli le namâz-é-‘Ishâ en jama’at.

– Celui qui accomplit le namaz-é-‘Ishâ seul (sans jama’at), devra accomplir le namâz-é-Witr seul (hors jama’at).

– Celui qui a manqué une partie du Tarâwîh et l’Imaam s’est mis debout pour faire le Witr, pourra faire le Witr en jama’at à condition d’avoir fait le faraz-Ishâ en jama’at. Il devra ensuite remplacer le nombre de raka’ats de Tarawîh manqué. Il peut aussi faire le Witr seul après avoir remplacé son Tarâwîh.

– Il est makroûh (déconseillé) de faire le Tarâwîh assis sans raison valable (selon la shari’ah). Les raisons valables sont : personnes souffrantes de maladies, personnes handicapées et personnes faibles ne pouvant pas tenir longtemps la sation debout.

– Les muqtadis (ceux qui accmplissent le namâz derrière l’imam) n’ont pas le droit de s’asseoir en attendant que l’Imam ira dans le ruku pour entrer dans le namaz. Cette action est condamnable et est comparable aux hypocrites (munâfiqîns). Allah dit dans le saint Coran que les hypocrites se mettent debout dans le namaz avec la paresse. [Sourah 4, Verset 142].

– Faire le Khatam-ul-Qur’aan (lecture complète du saint Coran) une fois en entier durant le Ramadwaan est sunnat-mu’aqiddah. Le faire 2 fois est mieux et 3 fois est meilleur.

– Il est permis (jâïz) de lire les petits sourahs (sourates) dans le Tarâwîh à défaut d’un khatam (terminaison) complet du saint Coran.

– Tout comme dans le namâz (faraz, sunnat, etc…) il y a des faraïzs (conditions obligatoires du namaz) et des wâjibâts (conditions nécessaires du namaz), les mêmes conditions existent dans le Tarâwîh. Le Tarâwîh ne sera pas valable (c’est à dire, n’est pas accepté par Allah) si ces conditions ne sont pas respectées. Par exemple, lorsque les gens avec vitesse, ne font pas le ruku’ et le sajdah correctement.

– Shabînâ : Lorsqu’on fait le shabînâ dans le Tarâwîh (un khatam-ul-Qur’aan complet durant une nuit de Tarâwîh), on doit l’accomplir de façon stricte et respectueuse, c’est à dire qu’il est interdit que les gens passent leur temps hors du namaaz et viennent pour y entrer lorsque l’imam ira faire le ruku’. Cette façon de l’accomplir est haraam (interdit).

Qu’Allah ta’ala nous donne tous le tawfîq (la bonne occasion) pour lire et/ou écouter le tilâwat (lecture) du Qur’aan-sharîf (saint Coran) correctement selon la shari’ah et qu’on respecte ce grand livre béni et sacré.

Les différentes récitations à travers le Tarâwîh

Avant le début : Swalloû swalaatu sunnat-ut-taraawiihi athaabakum-ullaahu, Laa ilaaha illallaahu wallaahu akbarr, Allaahu Akbar walillaahil hamd

Un niyyat individuel (à voix basse) peut être lu une seule fois (ce ne sera pas la peine de le relire à chaque fois entre les 2 raka’ats) avant d’entamer les 20-raka’ats comme suit : Nawaÿtu ann uswalliya lillaahi ta’aalaa raka’taÿni swalaata sunnatut-taraawiih (si on l’accomplit derrère un imâm, rajouter : iqtadaÿtu bihaazal imaam) Mutawajjihann ilaa jihatil ka’batish-shariifati Allaahu akbarr

Après 2 raka’ats : Khaÿrul waraa Muhammad swalloû ‘alaÿh, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 4 raka’ats : 3 fois le 3ème kalimah + Du’â + Khaliifati rasoûlullaahi amiiril mu.miniin, Sayyidinaa Abi Bakri nis-swiddiqi radwiyallaahu ta’aalaa ‘anhu, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 6 raka’ats : Badrud-dujaa Muhammad swalloû ‘alaÿh, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 8 raka’ats : 3 fois le 3ème kalimah + Du’â + Khaliifati rasoûlullaahi amiiril mu.miniin, Sayyidinaa ‘Umar-abnil Khattwaab radwiyallaahu ta’aalaa ‘anhu, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 10 raka’ats : Shamsud-dwuhaa Muhammad swalloû ‘alaÿh, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 12 raka’ats : 3 fois le 3ème kalimah + Du’â + Khaliifati rasoûlullaahi amiiril mu.miniin, Sayyidinaa ‘Uthmaan-abni ‘affaan radwiyallaahu ta’aalaa ‘anhu, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 14 raka’ats : Asw’haadanaa Muhammad swalloû ‘alaÿh, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 16 raka’ats : 3 fois le 3ème kalimah + Du’â + Khaliifati rasoûlullaahi amiiril mu.miniin, Sayyidinaa ‘Aliyy-ibnii abii twaalib radwiyallaahu ta’aalaa ‘anhu, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 18 raka’ats : Noûrul hudaa Muhammad swalloû ‘alaÿh, Allaahumma swalli ‘alaa sayyidinaa Muhammad 

Après 20 raka’ats : 3 fois le 3ème kalimah + Du’â + Du’â-é-Tarâwîh. Ensuite on enchaîne avec le namâz-é-Witr en lisant : Swalloû swalaatal witri athaabakum-ullaahu, Laa ilaaha illallaahu wallaahu akbarr, Allaahu Akbar walillaahil hamd