Définition du Ghussal

Le mot “Ghussal” vient du verbe “aghsil” qui veut dire “laver”. On trouve le mot “faghsiloû” dans le saint-Coran.

Dans le cadre du shari’at, il signifie le Grand bain corporel. Les explications qui suivent sont conformes à la méthode Hanafi.

Intercommunalité Ghussal / Wazu

Le Ghussal est le grand bain corporel, communément appelé les-grandes-ablutions. Alors que le wazu tient pour les ablutions, autrement dit les-petites-ablutions. Le ghusal est obligatoire sur tout(e) musulman(e) pour avoir accès à toutes formes d’ibâdats (actes d’adoration) tels la Swalât (Namâz), Lecture du saint-Coran (tilâwat-é-Quraan) etc.

Le ghusal est d’abord nécessaire pour ensuite valider le wazu. En revanche, le wazu n’est pas valable sans le ghussal. En somme, pour pouvoir faire le Namâz ou toucher le Quraan, il faut le ghussal + wazu. Cependant, sans wazu, on peut tout-de-même lire Quraan sans le toucher (par cœur) mais en ayant obligatoirement le ghussal.

Les choses qui annulent le ghussal, du coup annulent forcément le wazu. En revanche, si seul le wazu est annulé, le ghusal resterait valable, il incombera alors de refaire uniquement le wazu. Lorsqu’il est annulé, le ghusal devient obligatoire illico, car il est déconseillé pour un(e) musulman(e) de rester sans ghusal.

Niyyat / Formule d’intention du ghussal

Nawaÿtu ann aghtasila minn ghuslinn twahaaratal lil badni * liraf-‘il hadath

“Je fais l’intention de me laver, d’un grand bain (lavage), pour avoir la propreté (l’hygiène) du corps *, m’éloignant de toute impureté”

Voir plus bas, dans les sortes de Ghussal, les explications par rapport à l’astérique *

Les 3 faraz (obligations) du ghussal

Ce sont ses trois piliers :

1-   Se laver la bouche (se gargariser). [acte couvert par le wazu incorporé]

2-   Se laver les narines. [acte couvert par le wazu incorporé]

3-   Se laver le corps en entier (de manière à ce que toutes les parties soient trempées).

Si on omet de faire un faraz (pilier), ou si on ne le fait pas correctement ou complètement, le ghussal ne sera pas valable.

Les 5 sunnats du ghussal

1-   Se laver les mains jusqu’aux poignets – 3 fois

2-   Se laver les parties privées

3-   De faire (lire) le niyyat

4-   De faire le wazu (sans les pieds)

5-   De verser 3 fois l’eau sur tout le corps

 

Procédure / Accomplissement

– Lecture du Niyyat au préalable (avant l’entrée en salle-de-bain pour les plus spirituels)

– Entrée en salle-de-bain close avec le pied gauche

– Se déshabiller

– Entrée en lieu de la douche (souvent baignoire ou autre emplacement comme un “carré-douche”) avec le pied gauche

– Re-lecture du Niyyat

– Ouvrir l’eau (robinet ou douchette)

– Se laver les mains jusqu’aux poignets. Les plus spirituels relisent le niyyat une seconde fois, à ce moment là.

– Se laver les parties privées [intimes] (savonner & rincer). Ces parties intimes sont au nombre de trois (devant [pubis], derrière & sous les bras [aiselles])

– Accomplir un Wazu (ablutions), mais attention sans la dernière action (les pieds). Durant ce wazou, donner une attention particulière aux deux actes faraz (bouche et narines).

Ce wazou incorporé ne doit être un wazou complet, car il y est préconisé pour couvrir au moins deux des trois faraz. La dernière action (lavage de pieds) ainsi supprimée, sera automatiquement complétée avec le troisième faraz lorsqu’on va laver TOUT le corps.

– Se laver TOUT le corps (savonner, laver & rincer) de manière à ce que toutes les parties soient trempées. Passer les mains mouillées partout (sur tout le corps) pour s’en assurer.

– Arroser trois fois l’épaule droite, la tête et l’épaule gauche (à l’aide de la douchette ou d’un gobelet)

– Bien se rincer les pieds pour évacuer les éventuelles impuretés cumulées au niveau des pieds en cas de l’eau stagnante.

– Bien fermer l’eau

– Sortir de l’emplacement de la douche avec le pied droit

– S’essuyer

– Se rhabiller

– Lire le du’a suivant [qui est le même que celui après le wazou] :

“Allaahummaj-‘alnii minat-tawwaabiina waj-‘alnii minal mutatwahhiriinn” : “Ô Allah, mets-moi parmi ceux qui se repentent et mets-moi parmi ceux qui se purifient”

– Sortir de la salle-de-bain avec le pied droit

À l’extérieur, lire une fois le soûrah Al-Qadr [sourate n° 97]. Puisque c’est un soûrah du saint-Coran, il ne peut pas être lu dans la salle-de-bain.

alQadr

 

Nota / Recommandations

On parle ici du grand “bain” corporel alors que le ghussal est un lavage sous forme de douche. Le ghussal ne peut pas être fait en eau stagnante (type bain ou baignoire) mais en eau courante (type douche) car l’eau sale issue du bain doit être en évacuation.

Le terme “hadath” qu’on trouve dans les niyyats (formules d’intention) du ghusal et wazu, tient pour “impureté”. Il y en a de deux sortes : “Hadath-é-Akbar” (Grandes impuretés) et “Hadath-é-Asghar” (petites impuretés). En somme le “Hadath-é-Akbar” rend le ghusal (grand-bain) obligatoire, alors que “Hadath-é-Asghar” rend le wazu (petites-ablutions) obligatoire. En clair, les choses qui annulent le ghusal sont des “Hadath-é-Akbar” et les choses qui annulent le wazu sont des “Hadath-é-Asghar”. Cependant, on ne cite que le mot “hadath” dans les niyyats du ghusal et du wazu, sans vraiment préciser si c’est ‘asghar’ ou ‘akbar’. En revanche, dans le niyyat du tayammum, la précision y est de rigueur.

Une personne doit être seule au moment du ghussal pour que celui-ci soit valable. Intimité totale. Un couple ayant le nikâh (mariés islamiquement) peut se retrouver à un moment donné ensemble en salle-de-bain, mais au moment où la femme ou l’homme accomplira son ghussal, il ou elle doit être seul(e). L’autre personne doit partir de la salle-de-bain.

Le ghussal est valable en nu(e) intégral(e) lorsqu’il est fait dans un endroit clos (salle-de-bain), mais une robe légère (lounggi) est préconisée (du nombril aux genoux pour l’homme & de la poitrine aux genoux pour la femme). Ce sunnat peut s’avérer utile en cas d’accident ou d’évacuation d’urgence.

Lorsqu’on est en état de jeûne (roza), attention à ne pas laisser (par inadvertance) l’eau pénétrer la gorge en rinçant la bouche. Donc, ne pas gargariser [ghargharah].

Ne pas faire face au qiblah durant le ghussal.

Le ghussal peut être fait en position debout ou assis. Préférablement assis (pour les plus spirituels) mais on se mettre debout pour s’assurer du bon lavage et les rinçages détaillés.

Débarassez-vous des ornements (bijoux) du corps, pour évitez à ce qu’une partie (même infime) du corps ne reste sec durant le ghussal.

En temps normal, tout le corps doit être lavé (mouillé), y compris les cheveux pour les dames. Mais en cas de blessures (plaie, bandage) etc., la partie concernée peut être exceptionnellement conservée sec par un isolement adéquat, pour que tout le reste du corps soit correctement lavé. On peut aussi symboliquement y passer les mains mouillées sur les parties en pansements.

Utiliser le minimum d’eau requise pour le ghussal, le gaspillage est déconseillé en islam.

Il est déconseillé de parler durant le ghussal. Aussi, évitez donc de chanter.

Il est déconseillé de lire de wazîfah (récitations) ou du’a durant le Ghussal. Le niyyat étant lu avant.

Le Niyyat étant un sunnat du ghussal, s’il n’est pas fait, le ghussal sera néanmoins valable, mais sans thawâbs (récompenses spirituelles).

Sur la fin du ghusal, si vous apercevez qu’une partie du corps est restée sèche, vous pouvez la laver sans recommencer tout le ghussal. Surtout ne pas passer les mains mouillées dessus, il faut nécessairement la laver.

Si l’eau a tendance à s’accumuler (au niveau des pieds) à l’endroit du ghussal, re-rincez les pieds à la fin du ghussal avant d’y sortir.

En sortant du ghusal, si l’on va de ce pas (dans la foulée) effectuer le Namâz (swalât) ou allant toucher le Quraan pour le lire, on peut ne pas refaire le wazu et accéder à ces ‘ibâdats directement. Mais s’il y a un certain temps (15 minutes environ) entre la fin du ghusal et les ‘ibâdats, il faudra refaire un wazu au préalable. Le wazou reste un ‘ibâdat à part entière.

Les ongles doivent être coupés après (pas avant) le ghussal. Ainsi, même pour les jeter, elles doivent être propres. Se couper les ongles (mains et pieds) au moins une fois par semaine, préférablement au Jummah.

Les poils des parties intimes (pubis et aisselles), pour hommes et dames, ne doivent pas dépasser la longueur d’un grain de riz. Passée cette longueur, le ghussal [et encore moins le wazu] ne sera pas valable car il devient makroûh (déconseillé). Donc, pour que ces poils ne dépassent pas cette longueur, ils doivent être rasés une fois par semaine (ou par quinzaine). Cependant, ils ne doivent pas dépasser les 40 jours, limite qui fait passer les poils comme haraam (hors cadre) comme un non-musulman.

Le ghussal en islam est non seulement une condition de propreté et d’hygiène, mais est aussi un état de sacralisation nous donnant accès aux choses sacrées comme les ‘ibâdats (actes d’adoration). C’est aussi une protection spirituelle de notre corps. Un corps sain donne un esprit sain.

Les choses qui annulent le ghussal

Le fait d’accomplir ses besoins naturels (la selle et/ou uriner) sans se laver (absence d’eau). Il faut donc toujours se laver avec de l’eau pour conserver le ghussal. Dans des cas extrêmes, imbiber d’eau les tissus ou papiers hygiéniques pour se nettoyer. C’est ce contact d’eau avec le corps qui conservera le ghussal.

Le rapport sexuel [janâbat] (entre époux légitimes bien-entendu).

Effusion de sperme (éjaculation) / rêve-blanc “wet-dream” (ihtilâm) – pour les hommes

Écoulement de menstruations [haÿz] ou Accouchement [nifâss] – pour les femmes

Écoulement de secrétions vaginales [mani’] (sur excitation sexuelle) – pour les femmes

S’embrasser intimement (pour les couples mariés), notamment sur la bouche

 

Sortes de ghussal

Lorsqu’on le ghusal devient obligatoire, et selon la raison qui l’a annulé, on peut effectuer le ghussal dans le cas concerné. On précisera éventuellement dans le niyyat précité, à l’emplacement de l’astérisque [*] :

Pour les hommes :

lil ihtilaami – après rêve-blanc “wet-dream”

Pour les femmes :

lil haÿzi – après la période de menstruations

lin-nifaassi – après le saignement dû à un accouchement

Pour hommes et femmes :

lil janaabati – après rapports sexuels

Ghussal occasionnels : Malgré qu’on soit déjà en état de ghussal, il y a des occasions sunnah pour un ghussal spécial occasionnel si on doit faire des ‘ibâdats pour une occasion particulière, comme :

lil jumu’ati – ce ghussal peut-être fait la veille du jour-de-jummah, au soir, c’est-à-dire dès jeudi-soir (nuit-du-jummah) pour des ‘ibâdats

li yawmil jumu’ati – ce ghussal est fait le jour-du-jummah pour des ‘ibâdats

lis-swalaatil jumu’ati – avant d’aller accomplir le namâz-é-Jummah au masjid (pour les hommes)

Selon un hadîth de Bukhâri-sharîf, le Ghussal du Jummah est obligatoire sur les musulmans pubères.

Autres occasions possibles, par exemple si l’on veut faire des ‘ibâdats-spéciaux :

lil-laÿlat-ul-mi’raaj : pour faire les ‘ibâdats spéciaux durant la nuit du Mi’râj

lil-laÿlat-ul-bara’at : pour faire les ‘ibâdats spéciaux durant la nuit du Shabb-é-Bara’ât

lil-laÿlat-ul-qadr : pour faire les ‘ibâdats spéciaux durant la nuit du Laÿlat-ul-Qadr

D’autres occasions spirituelles peuvent déboucher sur un ghussal spécial au préalable, mais la règle reste qu’un ghussal se fait normalement lorsqu’il devient obligatoire.

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